9ème législature

Quelle chance pour les partis menus fretins d’y être ?

 

La 8ème législature égrène ses derniers jours d’activité au parlement pour que la prochaine s’installe au grand bonheur du peuple béninois. Dans le débat aujourd’hui, la grosse interrogation est de savoir si tous les partis politiques reconnues par le ministère de l’intérieur auront réellement une place pour représenter les béninois à l’assemblée nationale. A ce niveau il y a une équation difficile à résoudre avec promptitude. Les petits partis politiques n’arriveront certainement pas à tirer leurs épingles du jeu lors des prochaines Législatives si le Code électoral est respecté en l’état. Surtout par rapport à la règle des 10%, la caution et le refus de fusion entre partis politiques constituent des goulots d’étranglements. Mais pour autant, faut-il tout changer et tout remettre en cause. Le chef de l’Etat, Patrice TALON, doit-il céder aux pressions ? Et accepter de détruire sa propre œuvre politique majeure, la réforme du système partisan ?

Il vient de montrer son inclinaison et sa volonté de consolider la paix sociale en libérant 18 prisonniers dans le cadre des arrestations qui ont précédé la Présidentielle de 2021. Il a également reçu et discuté avec ses prédécesseurs. La question qui se pose dès lors, est de savoir s’il faut aller au-delà, en donnant quelques coups de griffes au Code électoral ?  Les textes électoraux en vigueur imposent de nouvelles règles aux partis politiques, allant du montant à payer pour la caution, au nombre de candidats à mettre sur les listes. Pour contourner ces exigences du Code, les petits partis politiques de l’échiquier politique national, tentent de présenter une liste unique à travers une fusion pour participer aux Législatives. Or, le Code électoral voté en 2019 veut contraindre au regroupement pour éviter l’émiettement. Donc ce Code n’autorise plus les alliances de partis politiques pour participer aux élections. Les partis politiques qui choisiront la fusion disparaîtront de l’échiquier politique. Les militants positionnés sur les listes ne peuvent d’ailleurs plus appartenir à deux différentes formations politiques. C’était une avancée majeure à laquelle le législateur est parvenu, afin de régler l’épineux problème du multipartisme intégral et ses conséquences. Pourquoi veut-on aujourd’hui tout remettre en cause pour les beaux yeux et désirs de quelques-uns, qui ne savent ou ne veulent pas comprendre que le salut, et la voie royale pour le développement socio-économique, c’est dans les grands partis politiques d’envergure nationale. Sur les 17 partis politiques enregistrés, seulement 13 ont répondu à l’appel de la Commission électorale nationale autonome le mardi 14 juin 2022. Si les partis proches du pouvoir sont quasiment certains de leur stratégie, et s’affairent déjà pour la confection des candidatures, au niveau de l’opposition c’est la grande incertitude dans le camp adverse. D’aucuns estiment, qu’il serait nécessaire d’adopter une loi dérogatoire ou de procéder à la révision des dispositions du Code électoral dans le cadre de l’article 88 de la Constitution. Dans l’un ou l’autre cas, est-ce toujours possible ou faisable ? En tout cas, ces exigences du Code électoral, on sait que ce ne sont pas une émanation d’un esprit fantaisiste, mais une volonté bien mûrie qui remonte à la campagne électorale de 2016. Le président Patrice Talon avait alors pris l’engagement devant le peuple, d’opérer une réforme sérieuse du système partisan. Il y est parvenu, au prix de beaucoup de sacrifices et d’énergie avec l’appui des députés. Faut-il aujourd’hui jeter le bébé avec l’eau du bain ?

 

Jandel G

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Rédaction SoleilLevant