Réactions tous azimuts au sujet du choix politique de Mitokpè :

 Et si Candide AZANNAI se taisait un peu ?

La sortie le dimanche 16 octobre 2022 de Candide Azannaï sur l’émission Grand angle de la radio Crystal news où il a dézingué Guy Mitokpè continue de défrayer la chronique. S’il s’est comporté comme Ponce Pilate sur le choix politique de son ancien Secrétaire général, les allégations tenues laissent penser à une démarche dictatoriale. Qui a raison entre Candide Azannaï et Guy Mitokpè ?  Donner une réponse à cette question pourrait friser une absence ostentatoire de neutralité. Mais en prenant un recul objectif pour examiner dans les moindres détails la démarche des parties en présence, la question première qui sort de la conscience morale    est la suivante : entre l’option de s’attacher à un passé nostalgique inutile pour le présent et suicidaire pour le futur, que doit choisir un jeune ? Le choix de l’avenir est une évidence ou une contrainte naturelle au risque de ne point exister. Et cette vérité de la réalité humaine toujours enseignée à la jeunesse par les anciens a été certainement suivie par Guy Mitokpè.  Face à un départ du genre, le maître devrait avoir la modestie de comprendre son serviteur, à moins que ce dernier dispose dans son Adn des brins de dictature.  Il fera tout ce qui est de son pouvoir pour le contenir dans un idéalisme paradoxal au point de sacrifier son   avenir. Même si cette description ou caricature des relations entre jeune et adulte en politique ne renseigne pas suffisamment sur le cas Azannaï-Mitokpè, elle sert semble-t-il au moins, à un indicateur pour se livrer à une lecture amusante du spectacle intéressant entre maître et ancien élève qui s’offrent les médias pour justifier le divorce mal perçu par l’un.

« Je n’ai jamais été mentor de Mitokpè », a laissé entendre l’ancien ministre de la Défense de Patrice Talon pour se défendre de ce qu’il aurait appréhendé comme une erreur de jeunesse. « Mitokpè était adulte. Il était responsable estudiantin finissant quand je l’ai connu. Je ne suis pas son mentor. Lorsqu’on recourt au mentor, le mentor est quelqu’un à qui on a confiance absolue. C’est le précepteur infaillible et donc à qui on ne peut jamais tourner dos. Ça c’est dans l’Odyssée. Nous l’enseignons aux enfants lorsque nous abordons les questions d’éthique comportementale, la rectitude. Là, il est dans le décor (…). Je ne suis pas un gourou, je ne suis pas un maître pour avoir des disciples. Je suis un chef. J’ai été formé pour être chef. La politique n’est pas un club de rééducation d’adultes », a déclaré le philosophe dans son extraordinaire cours circonstanciel de philosophie du mentorat.  Et comme, on n’est pas au siècle du philosophe-roi dont a défendu Platon dans son ouvrage « La République », le président du parti Restaurer l’espoir doit comprendre que le rejet du mentorat de Guy Mitokpè peut convaincre même le dernier nouveau-né des Béninois. Pour qui connait le parcours ensemble de ces deux hommes, dirait si c’est Candide et Guy, politiquement, c’est l’arbre et l’écorce.  A suivre les propos, l’on sent en filigrane une déception du départ du jeune leader politique de son côté. Sinon, au nom de la sagesse et de l’éthique souvent revendiquées par les anciens, venir exposer celui qui a été proche de vous dans des batailles politiques comme irrésolu, inquiète et appelle à se dire si le jeune n’a pas aussi d’avenir politique à défendre.  Un jeune leader politique au côté d’un âgé qui est sur une pente descendante qui pourrait mener à un précipice sans fond, devra s’il y a de la jugeote, aller chercher son repère ailleurs que de s’engouffrer dans des batailles dont le fruit est incertain.  Dans tout ceci, il faut invoquer Ugo Foscolo qui dit que les hommes ne pouvant par leur seul effort acquérir l’estime d’autrui ni la leur propre, cherchent à la rehausser en opposant aux défauts de leurs voisins ceux que par hasard, eux n’ont point. En tout cas Azannaï et Mitokpè en conflit ! C’est entre eux, tant pis !

 

About Author

Rédaction SoleilLevant

Previous Post